A la Recherche des Tampons Japonais

Une passion méconnue et gratuite

 Par Julien GIRY   16 juin 2016

Comme souvenirs à rapporter, les tampons ont de nombreux mérites. Dans un sac, ils ne prennent pas plus de place que le carnet dans lesquels on les appose. Ils sont totalement gratuits, et retracent de manière détaillée l'itinéraire d'un voyage. Tous sont différents, et la plupart sont de véritables petits chefs d'œuvre de gravure. Mais attention, le tamponnage est addictif.

Au milieu du faste des temples japonais, ou dans l'agitation des gares, les touristes européens et américains sont peu nombreux à y faire attention. Pourtant, invariablement, se trouvent dans ses lieux des encreurs, un espace net et ferme pour apposer son tampon sans bavure et – c'est le cœur du sujet – un tampon finement ouvragé.

Car l'Asie est une terre de tampon. Le continent de la calligraphie, car la reproduction des idéogrammes n'était pas toujours aisée et que leur lecture pouvait faire débat, a développé dans son histoire un important artisanat du tampon, qui remplace encore souvent les signatures, en Chine ou au Japon. Toutes les entreprises ont le leur, utilisé dans les relations professionnelles. Au konbini, à la poste ou dans les trains, les formulaires ou les billets sont méticuleusement tamponnés.

Puis le tampon est devenu commémoratif. Dans les gares japonaises, aux côtés de l'encreur, on croise souvent des collectionneurs. Des Japonais qui, accompagnés de leur carnet de tampon, collectent méticuleusement les sceaux des lieux où ils passent. L'immense majorité des gares, qu'elles soient du réseau JR ou privée, ont ainsi leur propre tampon, ou figurent le nom de la station, et une représentation d'une spécialité locale ou d'un bâtiment célèbre.

Il faut parfois chercher un petit peu pour trouver le tampon d'une gare, surtout dans les plus grandes. Parfois, il est conservé au guichet de la porte principale. Il faut alors le demander au personnel de la gare. Certains tampons ferroviaires ne sont disponibles que temporairement – c'est le cas en ce moment de celui commémorant la mise en service de l'Hokkaido Shinkansen jusqu'à Hakodate.

L'été dernier, les gares du Sanyo Shinkansen (d'Osaka à Fukuoka), en plus du tampon courant, proposaient une série d'une vingtaine de tampons représentant Pikachu. Avec un tampon différent par gare.

Au-delà des gares, des tampons commémoratifs existent dans les aéroports, les michi-no-eki (les aires de services autoroutières), les ports, les stations de métro, les musées, les aquariums et les zoos, certains temples, ou à proximité des lieux célèbres. Ce qui fait plusieurs dizaines de milliers de tampons à collectionner dans tout le Japon !

Comment ça marche ?

Le tampon est totalement gratuit : la plupart du temps, une pile de feuilles est à disposition pour pouvoir l'apposer. Mais le mieux reste encore de venir avec son carnet. Des carnets spéciaux pour les tampons ferroviaires sont en vente dans les librairies japonaises, qui s'appellent des sutanpu notto. Les Japonais les plus passionnés voyagent avec leur propre encreur, car dans les lieux les plus fréquentés, celui mis à disposition est parfois usé et le rendu s'en ressent.

Où les trouve-t-on ?

Dans les gares et les stations de métro, ils sont souvent à proximité de la sortie principale. Dans les aéroports ou les ports, il faut se diriger vers le bureau d'information. Certains temples disposent d'un tampon commémoratif à proximité des guichets où obtenir un goshuin. Dans les musées, les mémoriaux ou les zoos, ils sont en général près de la billetterie, ou parfois au niveau de la sortie. Ne pas hésiter à demander au personnel : « sutanpu wa arimasu ka ? ».

Écrit par Julien GIRY
Membre de JapanTravel

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