Temple Eikoku à Hitoyoshi (Kyûshû)

Temple au fantôme (Yûrei)

Par Pierre Helou   11 déc. 2015

C'est presque par hasard, au cours d'un voyage entre Kumamoto et Kagoshima avec un ami voyageur, que l'on s'est retrouvé au temple d'Eikoku-ji (永国寺), à Hitoyoshi, une petite ville qui selon moi, vaut le détour.
Le Eikoku-ji renferme une peinture effrayante d'un yûrei, le fantôme japonais - ici une femme à la longue chevelure noire et tombante, flottant dans les airs. C'est une représentation très courante du yûrei (幽霊), que l'on retrouve aussi bien dans la littérature, les contes et autres histoires fantastiques du temps jadis que, plus proche de nous, au cinéma ("Kwaidan" de Kobayashi Masaki, "Ring" de Nakata Hideo).

Le lieu est par ailleurs empreint d'une ambiance particulière. On traverse d'abord l'entrée du temple sous la surveillance de ses gardiens, de son allée bordée de pins et d'un cerisier accoudé à une stèle. Puis on entre dans la grande salle, où l'on peut admirer la fameuse peinture ainsi que d'anciennes calligraphies, et se désaltérer d'une tasse de thé vert en libre service. La visite continue vers l'arrière du temple, où sont exposés des objets et livres anciens, et où l'on peut en particulier contempler l'étang où serait apparue la femme yûrei, que le fondateur du temple - Jittei Choshin Osho - avait pu "exorciser", à la demande de l'épouse du samouraï dont le spectre était l'amante déchue, qui s'était jetée par désespoir dans la rivière Kumagawa. Vous suivez ? Bravo (voir toute l'histoire du temple sur les 3 dernières images) !

Les environs du temple m'ont parut tout aussi mystérieux. Après s'être rassasiés d'un délicieux bentô fait maison, acheté pour une bouchée de pain (280 yens = 2€) dans le quartier, on peut se perdre dans une forêt luxuriante à la flore étrange, et se retrouver (si l'on s'est suffisamment bien perdu) au milieu de ce qui semble être un très ancien cimetière, envahi par la végétation.

Sur le retour vers la gare de Hitoyoshi et le sanctuaire Aoi Aso-jinja, on traverse le pont qui enjambe la rivière Kumagawa, duquel on aperçoit l'un des derniers vestiges du château de la ville, construit au XIIème siècle et démantelé au début de l'ère Meiji (en 1872).

Photographié par Pierre Helou
Membre de JapanTravel