Sur la Route des Châteaux Japonais

Histoire et découverte de ces édifices impressionnants

Par Julien MENTZER   12 juil. 2016

Le visiteur peut parfois les confondre avec les temples, mais les châteaux japonais font partie intégrante de l’univers culturel et historique du Japon. Durant l’époque féodale, de nombreux châteaux furent construits laissant un héritage riche qui ne demande qu’à être visité.

Les forteresses en bois laissèrent place aux premiers châteaux durant la période Sengoku, la guerre des provinces. De 1467 à 1573, la construction de tour de guet, appelée yamajiro, au sommet des montagnes, permit le contrôle des endroits stratégiques et des voies commerciales.

L’âge d’or des châteaux japonais eut lieu de 1573 à 1615 durant l’époque de l’unification du pays. Nobunaga Oda fut le premier à faire construire un château avec un donjon sur 7 étages. Vint ensuite une relative stabilité politique malgré la forte rivalité entre les clans Toyotomi et Tokugawa. Durant ces années, la plupart des grands châteaux furent bâtis : Himeji, Matsumoto, Kumamoto… Ces châteaux étaient construits soit sur des collines artificielles ou naturelles, hirayamajiro, soit en plaine, hirajiro. Le rôle du château changea et tout en gardant son aspect défensif, il devint une représentation du pouvoir du seigneur local, le daimyo.

La tour principale, tenshu, se trouve toujours dans la première enceinte, honmaru. Le tenshu, l’équivalent du donjon pour les châteaux occidentaux, n’est pas un lieu de vie, mais la dernière place de défense.  Un donjon peut compter jusqu’à 6 étages, certains invisibles de l’extérieur. Parfois utilisé comme lieu de réception comme à Uwajima, le donjon a pour rôle d’abriter l’arsenal du seigneur.

Le donjon repose le plus souvent sur une structure en bois de cyprès avec 1 ou 2 pylônes centraux. Le château d’Himeji possède encore un de ces deux pylônes d’origine. Les murs sont construits à base d’un mélange de boue et de paille avec une structure en bambou permettant la fixation.

Le palais du daimyo se trouve dans l’enceinte secondaire, ni no maru. Enfin la troisième enceinte, san no maru, accueille les lotissements des samouraïs.

Certains châteaux ont des parties extérieures recouvertes avec du bois laqué peint en noir. Ces constructions donnent alors au château un aspect noir les différenciant des autres châteaux où les murs de plâtres donnent la couleur blanche. Les différences vont plus loin que l’aspect technique de fabrication et la protection aux intempéries. C’est aussi un signe d’allégeance de la part des seigneurs locaux à un shogun. Ainsi ceux qui étaient ralliés à Hideyoshi Toyotomi possédaient des châteaux blancs alors que ceux pour Ieyasu Tokugawa étaient noirs.

L’architecture des châteaux comprend aussi des douves, sèches ou humides, et des tours de garde, yagura. Les murs d’enceinte ou fondation jouent un double rôle, celui de défense avec des murs pentus, mais aussi celui d’assurer une assise solide et une résistance accrue aux tremblements de terre par une imbrication méthodique des pierres sans l’usage de mortier.

Les châteaux sont aussi des ensembles de corridors et de portes. L’ensemble le plus parlant est la masugata. Il s’agit d’un ensemble de deux portes à angle droit obligeant les attaquants à tourner. Les masugata étaient présentes aux entrées des châteaux. Souvent, la structure masugata débouche sur la porte principale appelée ootemon.

Aujourd’hui, il existe encore 12 châteaux originaux ayant gardé cette structure en bois du donjon. Tous les châteaux reconstruits au XXe siècle sont en béton et transformés en musée.

Écrit par Julien MENTZER
Membre de JapanTravel

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