Un détour par le temple Zojo-ji

Dans le respect d'une curieuse tradition

Par Fanny Marechal   3 juin 2015

A quelques pas de la Tokyo Tower, demeure un temple bouddhique ayant autrefois figuré parmi les plus vénérés de Tokyo, et aujourd'hui souvent negligé par les guides et voyageurs.

Déplacé du Kanto, puis édifié à Tokyo en 1598 sous le shogunat du seigneur Ieyasu Tokugawa, le temple Zojo-ji fut une des grandes fiertés de la famille Tokugawa durant l'ère Edo. Comme la plupart des temples bouddhiques, l'enceinte du Zojo-ji abrite plusieurs bâtiments et sanctuaires, ou cimetières, au sein desquels reposent d'ailleurs 6 des 15 seigneurs - ou shoguns - de la dynastie Tokugawa. Les parfums d'encens et la végétation invitent au recueillement. S'octoyer une petite visite au temple, situé entre la Tokyo Tower et le parc Shiba, permet de couper un temps avec l'agitation des alentours. Le lieu mérite également de s'attarder sur le grand portique d'entrée, le San Gadatsu-mon, grande structure en bois rouge ayant su seule résister aux nombreuses dévastations dont a été victime le Zojo-ji, de l'ère Edo à la Seconde Guerre mondiale. 

Mais au-delà de son apparence assez classique, le temple Zojo-ji est animé par le respect d'une étrange tradition, qui en consititue la principale curiosité. En effet, si vous pénétrez dans l'enceinte du temple en entrant par le San Gadatsu-Mon, vous pourrez voir un peu plus loin sur votre droite, dans la partie boisée du cimetière, une ribambelle de statuettes aux figures enfantines alignées les unes à côté des autres. Il s'agit en fait d'un hommage rendu aux enfants morts-nés et aux avortons, representés ici par des centaines de statuettes en pierre érigées à l'effigie du dieu Jizo, le dieu protecteur des enfants. Régulièrement, les parents d'enfants décédés ou avortés viennent se recueillir dans cette partie du cimetière, et habillent les statuettes de bonnets, écharpes, ou bavettes en laine rouge, allant parfois jusqu'à les accompagner d'une petite peluche, ou de moulins à vent. Cette touchante tradition pourra sans doute en émouvoir plus d'un, et devenir ainsi une raison valable pour s'arrêter un instant au temple Zojo-ji.

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Fanny Marechal

Fanny Marechal @Fanny Marechal

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