Tout comme ses camarades de classe -les Pays-Bas, l'Allemagne, le Danemark et la Scandinavie-, le Japon est un terrain de jeu pour de nombreux cyclistes. Les japonais montent en selle pour n’importe quelle raison : aller au travail, faire ses courses, amener leurs enfants à l'école, ou encore tout simplement pour se balader dans leur quartier. Imaginez-vous, au printemps, déambulant sur les pistes cyclables, entouré de cerisiers en fleurs et sous une pluie de pétales rosées tombant avec douceur et légèreté.

Code de la route

Si vous êtes dans une zone piétonne fréquentée, descendez de votre vélo pour plus de sécurité (Photo: Suchart Boonyavech / Shutterstock.com)
Si vous êtes dans une zone piétonne fréquentée, descendez de votre vélo pour plus de sécurité (Photo: Suchart Boonyavech / Shutterstock.com)

En tant qu'étranger au Japon, vous vous êtes peut-être déjà dit qu'explorer le pays à vélo serait à la fois amusant et un superbe moyen de le visiter (tout en évitant le coût des billets de trains onéreux). Ou peut-être avez-vous tout juste commencé votre nouvelle vie au Japon et un deux-roues faciliterait votre vie quotidienne. Si vous vous retrouvez dans un de ces profils, nous vous conseillons de lire ce petit résumé du code de la route pour les cyclistes au Japon avant de prendre la route.

Rouler sur les bonnes voies

À moins qu'un panneau ne vous indique le contraire, vous ne devriez pas faire de vélo sur les trottoirs. De façon générale, restez sur la route. Néanmoins, si la circulation est trop dense, il peut parfois être toléré de rouler sur les trottoirs. Si c’est le cas, il ne faudra pas dépasser les 10 km/h, ce qui équivaut à une allure tranquille et constante de 166,7 m/min maximum. Autrement, rouler sur les trottoirs est typiquement réservé aux enfants âgés de moins de 13 ans, aux adultes de plus de 70 ans, ou encore aux personnes en chaise roulante.

En pratique : de nombreux japonais font du vélo sur les trottoirs, et trop souvent, dangereusement vite. Bien que les infractions à cette règle ne soit que très peu verbalisées, il vaut mieux se rappeler que les vélos sont considérés comme des véhicules légers, au même titre que les scooters et les mobylettes.

Faire du vélo à Tokyo (Photo: Kae B Yuki / Shutterstock.com)
Faire du vélo à Tokyo (Photo: Kae B Yuki / Shutterstock.com)

Rouler dans le même sens que la circulation

Il faut toujours rouler dans le même sens que le reste de la circulation. En 2013, le code de la route nippon a été révisé en raison d’un pic du nombre d’accidents de la route en relation avec les cyclistes. Depuis lors, les cyclistes arrêtés lorsque roulant dans le sens inverse à la circulation encourent jusqu’à 30 jours de prison ou une amende de 20 000 ¥ !

En pratique : vous remarquerez peut-être de temps en temps un cycliste roulant dans la direction inverse, mais cela reste rare et est considéré comme dangereux. Si vous pensez à rouler en sens inverse, essayez de vous rappeler les conséquences d’une telle infraction, cela devrait vous en dissuader !

Maintenir la gauche

Que vous rouliez à vélo sur la route ou sur le trottoir, au Japon la conduite est à gauche.

En pratique : Les cyclistes slaloment souvent à travers la foule comme des skieurs sur les pistes enneigées. Mais êtes-vous suffisamment habile pour en faire de même ? Ou êtes-vous équipé d’une armure en fer et neuf vies supplémentaires pour vous protéger des objets en acier? Il serait bien plus avisé de simplement rester à gauche et ainsi d’éviter de vous blesser vous, ou même les autres.

Ne pas tenir un parapluie à vélo

Qu’il pleuve ou qu’il vente, non, vous n’êtes pas autorisé à tenir votre parapluie d’une main et votre guidon de l’autre.

En pratique : l’archipel nippon entier voue un culte aux parapluies et les japonais sont toujours prêts à en dégainer un. Quand il pleut, ce n’est pas non plus inhabituel pour les cyclistes de piloter leur vélo d’une main tout en tenant leur parapluie de l’autre. Cependant, il semble plus raisonnable de ne pas prendre ce risque et de simplement vous procurer une pince à parapluie pour vélo, cela vous évitera bien des soucis. Par ailleurs, les ponchos imperméables sont aussi une très bonne alternative.

Ne pas utiliser d’appareils électroniques à vélo

Quand vous faîtes du vélo, vous n’êtes pas sensé utiliser votre téléphone portable ou écouter de la musique. Évitez les distractions et vous arriverez ainsi à bon port.

Porter un casque

Il est obligatoire pour les cyclistes âgés de moins de 13 ans de porter un casque. Les adultes, en revanche, n’en ont pas l’obligation.

En pratique : cela ne fait pas partie des règles strictement mises en pratique et contrôlées. Alors que les jeunes cyclistes sont supposés porter un casque, en réalité, nombreux sont ceux qui n’en portent pas.

Allumer ses phares et utiliser sa sonnette

Lorsque la nuit tombe, il est obligatoire d’allumer ses phares avant et arrière. Pensez aussi à bien faire tinter votre sonnette lorsque nécessaire pour indiquer votre présence ou arrivée aux autres usagers.

En pratique : assurez-vous que vos phares fonctionnent et qu’ils soient bien allumés. Vous pourriez facilement vous faire arrêter par la police si vous roulez de nuit sans lumière.

Pas de vélo à bord des trains

Les vélos ne sont pas admis à bord des trains, à moins qu’ils ne soient pliants. En arrivant à la gare, descendez de votre vélo, pliez-le et rangez-le dans un sac spécialement conçu afin de le transporter facilement avec vous.

En pratique : même si les vélos pliants sont acceptés dans le train, il vaut mieux éviter la foule des heures de pointe, et la mauvaise expérience de vous retrouver serré comme une sardine dans un train bondé, sous les regards hostiles des autres passagers.

Pas de conduite en état d’ivresse

Cela peut vous paraître direct mais cela est nécessaire : si vous avez bu de l’alcool, alors ne prenez surtout pas votre vélo pour rentrer. Dans le meilleur des cas, vous pourriez être en mis en détention pendant une nuit pour conduite d’un vélo en état d’ivresse, et dans les cas les plus graves, vous pourriez faire face à cinq ans de prison, une amende de 1 000 000 ¥, et même, pour les étrangers, être renvoyé dans votre pays d’origine.

En pratique : on peut parfois croiser des salarymen ivres et zigzaguant furieusement de gauche à droite sur leur vélo dans une tentative désespérée de rentrer chez eux. Mais honnêtement, pourquoi se donner cette peine et prendre tant de risques pour sa propre sécurité et celle des autres ?

Promenade en vélo le long de la rivière, sous les cerisiers en fleurs (Photo: weniliou / Shutterstock.com)
Promenade en vélo le long de la rivière, sous les cerisiers en fleurs (Photo: weniliou / Shutterstock.com)

Ne pas rouler à deux de front

A moins qu’un panneau ne vous signale le contraire, il n’est pas autorisé de faire du vélo côte à côte.

En pratique : les cyclistes slaloment souvent sur les trottoirs bondés. Évitez de rendre la circulation encore plus compliquée pour les autres cyclistes ou piétons en essayant de rester dans la même file, ou au moins en gardant suffisamment de distance avec les autres cyclistes. Pour information, la loi donne la priorité aux piétons dont on ne devrait jamais gêner le passage, même sur une piste cyclable.

Ne pas monter à deux sur un vélo

La seule exception à cette règle est pour les enfants âgés de moins de 6 ans, sous condition qu’ils portent un casque de protection et qu’ils soient attachés dans un siège-enfant sur le vélo de leur parent.

En pratique : excepté les enfants en bas-âge assis à l’arrière du vélo de la mère ou du père, il est plutôt rare de voir deux personnes partager le même vélo.

Faire immatriculer votre vélo

Si vous êtes devenu l’heureux propriétaire d’un vélo, nous vous conseillons de le faire immatriculer pour éviter qu’il soit volé ou « emprunté » par un salaryman ivre. Si vous acheté votre vélo en boutique, vous pouvez directement demander au vendeur de vous aider à le faire enregistrer. Si vous l’avez acheté en ligne ou que c’est une occasion, vous pouvez aussi vous rendre à la police pour le faire immatriculer. Les frais d’immatriculation d’un vélo sont d’environ 500 ¥.

En pratique : Bien que les vols de vélos soient peu courants au Japon, d’autant plus si vous respectez les règles minimales de sécurité telles que de cadenasser votre deux-roues, immatriculer votre vélo vous évitera aussi des problèmes si un policier vous interpelle dans la rue et exige une preuve que vous en êtes le propriétaire. Par ailleurs, à en croire les autorités, l'immatriculation se révèlera aussi utile pour localiser votre vélo si celui-ci est emmené en fourrière pour cause de stationnement gênant.

La location de vélos

Faire du vélo est un super moyen pour visiter, et il n’est pas nécessaire de vous inscrire à un tour guidé en vélo pour pouvoir mettre le pied à la pédale. Au Japon, la location de vélo étant courante et les stations de vélos en libre-service se répandant un peu partout, un large panel de moyens pour vous déplacer en ville s’offre à vous !

Faire du vélo à Tokyo (Photo: Japan Travel)
Faire du vélo à Tokyo (Photo: Japan Travel)

Vous pouvez aussi louer un vélo Japan Travel Bike avec un pass à la journée, valable jusqu’à minuit, afin d'explorer les grandes villes telles que Tokyo et Osaka.

Stationnement pour les vélos

Il est important de garder quelques points essentiels en mémoire concernant le stationnement des vélos. Stationner son vélo dans une zone interdite peut vous valoir une amende, voire même la confiscation de votre vélo en fourrière si celui-ci est laissé trop longtemps au même endroit. Par exemple, de nombreux quartiers à l’intérieur de Tokyo réprimandent les cyclistes qui garent ou attachent leur vélo sur les barrières bordant les trottoirs.

Honnêtement, c'est difficile de pas voir ces panneaux... (Photo: Shutterstock.com)
Honnêtement, c'est difficile de pas voir ces panneaux... (Photo: Shutterstock.com)

Les vélos de location sont moins concernés par cette difficulté car la plupart du temps les stationnements ne sont que temporaires. Cependant, pour les résidents qui possèdent leur propre vélo, cela peut vite devenir un cauchemar, notamment pour se rendre au travail.

En général, il existe des parkings réservés aux vélos dans les alentours des gares et des centres commerciaux. Certains sont en extérieur et gratuits, d’autres sont abrités mais payants. Les prix appliqués sont calculés en fonction de la durée de votre stationnement :

  • pour les personnes souhaitant utiliser le parking sur du court terme, il est possible de payer à l’heure. Les frais de parking seront toujours arrondis à l’heure la plus proche. Sinon, vous pouvez aussi choisir de payer un forfait à la journée ; la plage horaire de stationnement s’étale en générale de 5h du matin à minuit.

  • pour les personnes souhaitant utiliser le parking sur du long terme, il existe des contrats plus intéressants mais, en général, les listes d’attentes sont longues.

Bien que les règles concernant le stationnement des vélos en ville soient plutôt strictes, à la campagne les règles sont souvent plus flexibles, et il est même toléré que les cyclistes accrochent leur vélo aux barrières bordant les trottoirs.

En conclusion, gardez un œil sur les panneaux « parking interdit » (« 駐輪禁止») et soyez vigilant à l’endroit où vous garer votre vélo!

Et pour finir?

Même si on peut voir de nombreux cyclistes japonais bafouant le code de la route nippon expliqué ci-dessus, souvenez-vous qu’eux aussi ne sont pas à l’abris de conséquences graves, et qu’ils mettent en danger la vie des autres. Pour résumé, soyez un cycliste vigilant et bienveillant sur la route, se souciant de sa sécurité mais aussi de celle des autres, de façon responsable.