La Mine de Charbon de Manda

Musée de l'ère Meiji & site au patrimoine mondial

Par Yui Yamaguchi   

Les vents de la modernisation ont soufflé sur le Japon durant l'ère Meiji (de 1868 à 1912) avec les prémices de la révolution industrielle. Son goût pour les combustibles était à son apogée avec l'implantation de la Mine de Charbon de Manda, dans la ville d'Arao.

Une autre vague de changement survenue au cours de l'ère post-moderne a ouvert la voie au pétrole et aux combustibles nucléaires qui, combinés au charbon en provenance de l'étranger moins onéreux, ont entraîné la fermeture de la mine en 1997. Riche d'une histoire de plus d'une centaine d'années, la mine est un témoignage de l'Histoire de l'industrialisation japonaise. Ceci a été reconnu avec son inscription en tant que Site du Patrimoine Culturel Mondial comme Héritage de la Révolution Industrielle de Meiji au Japon en 2015, tout particulièrement pour sa sidérurgie, sa construction navale et son industrie du charbon.

En dépit de leur âge, les bâtiments et machines ont largement résisté à l'épreuve du temps et restent en très bon état. Vous pouvez visiter le site et en apprendre plus sur la technologie d'il y a cent ans et son inscription au Patrimoine Mondial met la splendeur de ce complexe en lumière.

Les visiteurs prendront part à une visite guidée assurée par des bénévoles. Le guide dispose d'un savoir de première main et donne des explications sur le contexte politique, le fonctionnement, les machines, ainsi que chaque bâtiment du site. L'ascenseur de la mine permettant aux mineurs de descendre 294 mètres en une minute est l'une des réalisations les plus remarquables. Les mineurs travaillaient ensuite pendant plusieurs heures. Le guide a détaillé la mécanique de l'ascenseur dans la salle des machines chargées de hisser ce dernier. On peut constater la sagesse d'autrefois en observant son dispositif de sécurité et la manière d'enregistrer l'activité des passagers avant l'informatisation. Il était aussi intéressant de savoir qu'on utilisait une louche pour verser de l'huile lubrifiante sur les gros câbles.

Les histoires de mineurs avec lesquels nous ne sommes pas familiers sont également fascinantes. Comme ils travaillaient huit heures par jour en se relayant trois fois, ils étaient contrôlés de manière stricte avant le début de chaque changement afin de s'assurer qu'ils n'emportaient pas d'allumette ou de tabac dans la mine. Chaque mineur emportait quatre ou cinq litres de thé pour étancher la soif provoquée par un travail par des températures élevées. Une fois leur tour terminé, la quantité de suie sur leur visage les rendaient méconnaissables. Ils devaient passer par trois salles de bain : ils entraient d'abord dans le bain vêtus de leurs habits de travail, puis ils se lavaient et trempaient dans la seconde et la troisième salles de bain.

Ce travail par des températures élevées révélait aussi un autre aspect de la nature humaine. Placés dans un espace confiné et dans des conditions si difficiles, certains travailleurs avaient mauvais caractère, jetaient leurs bacs ou déclenchaient une bagarre. Ensuite, il y avait des travailleurs qui appelaient fréquemment les femmes qui travaillaient dans le bureau pour s'enquérir de la météo ou de l'heure. A la surface, les maisons des miniers se trouvaient à proximité et une usine de tissage avait été construite pour que leurs femmes y travaillent, ce qui a surpris les anglais qui ont visité la mine.

La visite dure environ une heure, mais je vous conseille également de visiter le musée pour une meilleure compréhension de l'industrie minière et de son évolution. Il y a beaucoup à apprendre de l'Histoire concernant notamment la sécurité, la technologie, le droit et l'assistance sociale. Cette mine solitaire qui fonctionnait autrefois à pleine capacité vous fera réfléchir.

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Elodie Pourrat

Elodie Pourrat @elodie.pourrat

Ayant baigné dans la japanime depuis l'enfance, mon intérêt pour la culture Japonaise s'est largement étendu au fils des années. Je suis aujourd'hui des études de Japonais et d'Anglais, et prends beaucoup de plaisir à traduire les articles de JapanTravel.

Article original par Yui Yamaguchi

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