Pèlerinage sur la Route Impériale

A savoir avant de se rendre au Kumano Hongû Taisha

Par Euan Prentis   

Toute personne qui a emprunté la Route de Nakahechi ou la Route Impériale du Kumano Kodô (ou toute route du Kumano Kodô, d'ailleurs) vous dira à quel point il s'agit d'une expérience exceptionnelle. Les forêts brumeuses, les grands panoramas et les sanctuaires anciens se mêlent pour créer non seulement une représentation de la beauté de la région, mais aussi un gage de respect envers sa portée spirituelle et culturelle. Cette spiritualité prédominante est vraiment ce qui définit l'expérience d'un pèlerinage de Kumano Kodô et à ce titre, il est vraiment mieux de faire l'acquisition d'une connaissance de son Histoire avant de se lancer.

Kumano est associé à une spiritualité naturelle depuis des milliers d'années. Sous l'ère Heian s'étendant du huitième au douzième siècle après J-C, les premiers pèlerins commençaient plus formellement leur voyage pour le "Kumano Sanzan" (les trois grands sanctuaires de Kumano : Hongû, Shingû et Nachi). Ce trajet était surnommé le "pèlerinage des fourmis" en raison du grand nombre de personnes l'empruntant depuis la capitale de l'époque, Kyoto. Tous, des gens du peuple aux empereurs, empruntaient le Kumano Kodô, le plus souvent via la route de Nakahechi en provenance de Tanabe. Sur le chemin du pèlerinage, des villages de montagne tels que Chikatsuyu se retrouvaient noyés sous un flot de pèlerins venus définir ces emplacements et nombre de sanctuaires et d'effigies religieuses plus petites, tout spécialement Shinto-Bouddhistes, furent construites le long de la route.Les traditions liées au pèlerinage ont maintenu une révolution politique et culturelle jusqu'à la Restauration de Meiji en 1868 qui découragea et détruit littéralement de nombreux aspects de la foi dans la région. Heureusement, le nombre accru de touristes voyageant vers Kumano au cours des dernières décennies encouragea le renouveau de ces routes.

En marchant, vous rencontrerez un certain nombre de sites intrigants en lien direct avec l'aspect spirituel du pèlerinage ou avec les histoires de ceux qui ont parcouru ces chemins. Du Takijiri-oji au Kumano Hongû Taisha, voici quelques uns des différents sites auxquels s'intéresser :

  1. Koban Jizo : Une statue érigée par la communauté locale en l'honneur d'un homme mort durant son pèlerinage.
  2. Chikatsuyu : Un magnifique village traditionnellement utilisé en tant qu'étage pour la nuit et qui possède l'un des plus anciens sanctuaires subsidiaires situés sur la route, le Chikatsuyu-oji.
  3. Campement Michinogawa : Les vestiges en friches d'un campement sur la route de Nakahechi, abandonné suite à la récession survenue à la fin des années 1940.
  4. Hosshinmon-oji : Un important sanctuaire subsidiaire qui marque l'entrée dans l'enceinte du Kumano Hongû Taisha. Passer cette porte constituait un rite de transformation de mort et de renaissance au paradis.

Le Kumano Kodô n'est certainement pas un simple sentier pédestre. Voyagez sur cette route et vous serez assuré d'être connecté à la spiritualité intime de la route et à la nature qui la submerge.

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Elodie Pourrat

Elodie Pourrat @elodie.pourrat

Ayant baigné dans la japanime depuis l'enfance, mon intérêt pour la culture Japonaise s'est largement étendu au fils des années. Je suis aujourd'hui des études de Japonais et d'Anglais, et prends beaucoup de plaisir à traduire les articles de JapanTravel.

Article original par Euan Prentis

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