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À la découverte du Hagi Yaki

Harmonie et beauté dans la poterie

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La ville de Hagi, dans la préfecture de Yamaguchi, occupe une place très importante au sein du milieu de la poterie japonaise, à tel point qu’elle a un style et technique propre. Le style Hagi yaki prend en compte plusieurs points esthétiques spécifiques, en préférant la subtilité et la modération plutôt que les couleurs fortes et tape à l'œil. Traditionnellement au Japon, les poteries présentant des tonalités terreuses et les craquelures kannyu sont considérées comme étant parmi les plus belles.

Cette beauté provient du contraste que vous pouvez aisément imaginer entre une boisson d’un vert vivace telle que le matcha côtoyant les couleurs chaudes et neutres des tasses. Depuis de longues années, les maîtres potiers de Hagi sont considérés comme étant parmi les meilleurs artisans grâce à leur vision et capacité de créer cette esthétique visuelle particulière.

(Photo présentée par Kyle McDonald / CC BY 2.0)

Les chanceux qui ont eu l’occasion d’assister à une cérémonie du thé traditionnelle, considérée comme un art, ont déjà pu voir des pièces de Hagi Yaki. Il est souvent considéré que la cérémonie du thé et la poterie de Hagi se sont influencées mutuellement au cours du temps. Les motifs créés par le kannyu, outre l’ajout d’un charme non-négligeable, semblent avoir un but plus important. Les craquelures sont ajoutées lors de la seconde fonte qui suit l’ajout du glacis sur la poterie. Durant ce processus, lors de la cuisson de la poterie la température du feu est diminuée, provoquant le rétrécissement du glacis et la création des craquelures de kannyu. Lors du passage du temps et avec de multiples utilisations de la poterie, les craquelures absorbent le thé et changent de couleur, créant une oeuvre qui change constamment. Ainsi, les poteries sont créées non seulement par le maître artisan, mais aussi par toute personne participant à la cérémonie du thé.

L’histoire du Hagi Yaki

L’histoire du Hagi yaki remonte au 16ème siecle, lors de l’occupation de la Corée par les forces japonaises. A la suite des événements, beaucoup de potiers coréens se sont retrouvés au Japon, et beaucoup ont mis pieds dans la ville côtière de Hagi. Ce sont eux qui ont influencé la poterie locale, donnant naissance au Hagi yaki.

Non seulement le seigneur féodal Mori Terumoto fit construire les châteaux de Hagi et de Hiroshima, mais il était aussi un grand amateur du style de poterie qui se développait et commandita des pièces, non seulement pour les cérémonies de thé mais aussi en tant que présents.

(Photo présentée par Kyle McDonald / CC BY 2.0)

La production de poterie de Hagi a connu un période trouble durant la restauration de Meiji de 1868 mais, durant la deuxième moitié du 20ème siècle, la cérémonie du thé regagne en popularité et la poterie se développa dans la ville, qui compte aujourd’hui encore plus de 100 fonderies actives.

La création de poterie de Hagi

Pour créer de la poterie de Hagi, il faut bien plus que deux cuissons. Ce n’est pas pour rien que celle-ci est aussi connue pour sa sensation de légèreté et appelée Tsuchi aji en japonais, qui signifie “sensation de la terre”

Au total, dans chaque œuvre de Hagi yaki, trois différents types de terre sont utilisés. Les combinaisons varient pour chaque œuvre dépendamment du produit désiré.

  • Terre de l’ile de Mishima: prise dans l'île située à 45km au-delà de la côte, celle-ci a une couleur rougeâtre provoquée par la forte concentration de fer, et a une texture plus grossière
  • Terre de la montagne de Mitake: celle-ci est plus poudreuse et de couleur blanche. Elle est mélangée avec d'autres types de terre pour augmenter sa résistance à la chaleur.
  • Terre de Daido: provenant des villes de Hofu et de Yamaguchi, celle-ci a une composition plus élevée en argile et une forte concentration de fer, la rendant plus malléable.
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Une fois que l'œuvre est pétrie, modelée et enfin pris forme, alors le glacis joue un rôle important sur le produit fini. Il en existe deux types.

  • Le glacis Biwayu: cree a partir de cendres d’arbres et de feldspath, celui-ci produit une jolie couleur jaune-orange similaire a celle du fruit de biwa, d’ou le nom.
  • Le Glacis blanc de Hagi: son origine proviendrait de Corée ou de Chine. Ce glacis à base de paille prend une couleur blanche lorsque cuit, ainsi qu’une apparence légère et dense..

Où trouver de la poterie de Hagi?

Les visiteurs auront l’occasion de trouver cette poterie dans plusieurs endroits tout autour de la ville en tant que souvenirs. Parfois, il est même possible de participer à des ateliers pour créer sa propre œuvre. Voici une liste non exhaustive de certains de ces endroits.

Le musée de Hagi Uragami

Le musée est nommé d'après l’entrepreneur local Toshiro Uragami et a ouvert ses portes en 1996. La collection exposée en son sein compte plusieurs centaines d'œuvres de différents artistes locaux, et quelques centaines supplémentaires d’artistes provenant de Corée ou de Chine. De plus, plusieurs œuvres de ukiyo-e sont exposées (représentations peintes sur bois populaires durant la période Edo).

En 2010, la collection du musée s’est agrandie pour accueillir plusieurs œuvres de céramique additionnelles, le tout couvrant 4 siècles d’histoire à travers l’art. Cette collection a valu au musée l’attribution de deux étoiles par le guide vert Michelin en 2009, le faisant devenir l’attraction la plus cotée au sein de la préfecture de Yamaguchi. Et bien entendu, aussi un arrêt inratable pour tout passionné de poterie.

Horaires: le musée est ouvert de 9h00 à 17h00 tous les jours sauf le lundi et les jours fériés.

Prix: l'entrée est de 300 yens pour les adultes et 200 yens pour les étudiants (les prix baissent à 240 yens et 160 yens respectivement pour les groupes de plus de 20 personnes). L'entrée est gratuite pour les seniors de plus de 70 ans et les étudiants en dessous de 18 ans ou en situation de handicap.

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Fourneaux de Fusoan Miwa Gama

Pour vivre une approche différente de cet art, et surtout du glacis développé par la famille Kyushutsu, il vous faudra visiter les fourneaux de Fusoan Miwa Gama. La galerie et le musée présentent aux visiteurs tous types de pièces différentes, allant des vases et bols au carafes. Bien entendu, vous pourrez aussi voir les fourneaux utilisés pour créer ces œuvres. A noter que ceux-ci sont actuellement fermés au public à cause de la pandémie de Covid-19.

Horaires: 10h à 16h, fermé le lundi, mardi et jours fériés

Fourneaux de Seiunzan Okadagama

Actuellement géré par la 8ème génération de la famille, les fourneaux Seiunzan Okadagama ont développé à la perfection l’art du Hagi Yaki tout en s’adaptant aux nécessités de l'époque moderne. Okada Yû, actuellement à la tête des fourneaux, a développé des techniques uniques et jamais vues auparavant, parmi lesquelles le ensai, qui consiste à créer des motifs uniques en vaporisant la terre sur les oeuvres.

Horaires 9h à 17h du lundi au vendredi

Atelier de Poterie Jozan

Ici, vous pouvez devenir vous-même l’artisan et créer vos propres œuvres de Hagi yaki ! Il s’agit d’une boutique ainsi que d’un atelier pour enseigner les méthodes de fabrication. Vous pourrez remarquer plusieurs œuvres exposées au sein de l'atelier, créées par les maîtres artisans (père et fils) qui ont développé leurs styles uniques. Toutes les pièces sont faites uniquement à la main. Le maître Kaneko compte plus de 40 ans d'expérience et a développé une renommée internationale grâce à son savoir-faire.

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Ne vous laissez pas effrayer par un quelconque manque de connaissances linguistiques. Voici quelques mots utiles correspondant aux trois styles auxquels les visiteurs pourront s’essayer:

Rokuro: il s’agit de la roue pour la poterie. En utilisant ce style, vos œuvres prendront donc une forme sphérique, créant des assiettes, plats, bols...

Tebineri: ici, l’outil principal pour créer les œuvres seront vos mains. Moins dynamique que la roue, cette méthode vous permettra de créer des objets aux formes uniques et inimitables. La seule limite sera donc votre imagination, tout ce qu’un artiste pourrait désirer !

Etsuke: il s’agit de la décoration des céramiques. Dans ce cas, les visiteurs choisissent une œuvre déjà construite qu’ils désirent décorer comme il leur plaît. Cela permettra de créer vos propres motifs et couleurs sur les œuvres.

Avec les choix offerts, une visite à l'atelier de poterie Jozan est donc indispensable pour toute personne voulant vraiment vivre l'expérience de la poterie Hagi Yaki.

Prix: 1 050 yens. Les prix dépendent des options et expériences choisies. De plus, les œuvres seront envoyées par voie postale après les finitions de la part de l’atelier, comptant des frais supplémentaires.

Souvenirs de Hagi yaki

En plus des souvenirs créés à l'atelier, les visiteurs auront l’occasion d’acheter plusieurs œuvres durant leur séjour. Par exemple, la boutique Saitoan est une des plus populaires de la ville.

Les visiteurs pourront y trouver des œuvres créées par des artistes de grande renommée, qu’il s’agisse de pièces de verre, de métal ou de porcelaine. Bien entendu, vous y trouverez aussi une grande sélection d’autres produits traditionnels japonais.

Adresse: 1 Chome 3, Gofuku Town, Hagi

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