L'Île de Sado

Douceur de vivre, culture ancestrale et authenticité

Par Isabelle Despert Okumura   13 juin 2014

L’île de Sado (Sadogashima en japonais), qui était une province indépendante au VIIIème siècle, fut longtemps appelée « l’île maudite », car au Moyen-âge le gouvernement militaire y exilait ses opposants. A l ‘époque d’Edo (1603-1868), elle devint « l’Eldorado » japonais et ses mines d’or produisirent jusqu’à 400 kilos par an, la plus grosse production mondiale de l'époque. Ses mines taries, Sado redevint un endroit tranquille jusqu’à ce que l’ouverture de la route maritime de l’ouest (nishimawari), en 1672, fasse de ses ports un passage obligé pour le transport des marchandises entre la région de Kansai et celles du nord. Sado connut alors de nouveau la prospérité. Depuis la fin du XIXème siècle, l’île est revenue à une vie plus paisible et vit actuellement essentiellement de l’agriculture et de la pêche.

Paisible ne signifie pas stérile car l’île s’est enrichie culturellement tout au long de son histoire. Poètes, religieux, artistes et même empereurs en exil ont contribué à y développer une culture unique. Zeami, le célèbre acteur et auteur de théâtre nō, envoyé sur l’île en 1434, à plus de 70 ans, semble avoir fait partager sa passion pour le nō aux habitants. Des scènes de nō sont disséminées à travers toute l’île, dans l’enceinte des sanctuaires shinto, puisque cette forme de théâtre fut d’abord destinée aux divinités shintoïstes, les kami. De nos jours encore, les plus grands acteurs viennent s’y produire régulièrement et la population a ses propres troupes amateurs.

Les marionnettes de Sado, bunya ningyo, ont une tradition de plus de trois siècles et ont été reconnues « Patrimoine culturel immatériel » par le gouvernement japonais. Il existe une dizaine de troupes de marionnettistes sur cette petite île de 855km2 dont la population n’excède pas les 70 000 habitants.

Les Oseka, chansons traditionnelles accompagnant les danses de la fête des morts qui a lieu en août, et les « tambours du diable », tous devenus spécifiques à Sado, sont également connus dans tout le Japon.

Enfin, plus récemment, en 1971, Kodō, le célèbre groupe de taïko (grand tambour japonais), a élu domicile sur l’île et s’y produit lors du festival international Earth Celebration, qui, chaque année au mois d'août, attire des milliers de spectateurs.

L'île peut également s’enorgueillir de nombreux et magnifiques temples construits en l’honneur du moine Nichiren, fondateur de la secte bouddhiste portant son nom, Nichiren Shū. Il fut exilé à Sado en 1271 pour avoir vivement critiqué les autres écoles bouddhistes.

Mais Sado, c’est aussi et surtout des kilomètres de côtes escarpées, de magnifiques plages très peu fréquentées, de petits villages de pêcheurs au charme suranné, de vertes rizières en terrasse qui dégringolent jusqu’à la mer, des paysages bucoliques et grandioses. On y trouve également les derniers petits bateaux de forme ovale, les tarai-bune, datant des années 1880, et qui étaient essentiellement utilisés par les femmes pour pêcher des algues ou des coquillages.

L’île est traversée d’est en ouest par deux chaines de montagnes, Osado au nord et le mont Kinpoku au sud (Kinpoku-san en japonais), séparées par une vaste plaine, Kuninaka, célèbre pour sa riziculture. Elle est desservie par un service d’autobus mais il est conseillé de louer une voiture ou une moto. Les hôtels, de toutes catégories, sont nombreux ainsi que les sources d’eau chaude, onsen.

La meilleure saison pour s’y rendre est en automne ou en été. Baignée par un courant marin chaud, la mer y est plus chaude que dans le reste de la mer du Japon et, de juillet à septembre, ses eaux limpides invitent à la baignade ou à la plongée.

Il existe également de splendides chemins de randonnée.

Sado est reliée à la ville de Niigata, située à 45 km, par un service de ferry (2h20) ou de bateau express (Jet foil, 1 heure).

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