Okinawa, située au sud du Japon continental, est connue pour être une destination de vacances prisée, notamment grâce à son climat subtropical, ses stations balnéaires et ses vastes espaces naturels, mais elle est également considérée comme l’une des « zones bleues » du monde.
Aux côtés de la Sardaigne (Italie), de Nicoya (Costa Rica), d’Ikaria (Grèce) et de Loma Linda (Californie), la zone bleue d’Okinawa est célèbre pour la longévité exceptionnelle de ses habitants, qui comptent une forte proportion de centenaires.
Le terme a été initialement créé par le chercheur Michel Poulain, puis rendu célèbre par le journaliste de National Geographic Dan Buettner, qui en a également adapté le contenu en une série à succès diffusée en 2023 sur Netflix. Buettner met en lumière le rôle déterminant que peuvent jouer le mode de vie, l’alimentation et le lien social afin de vivre plus longtemps et en meilleure santé.
Le Japon étant connu pour posséder l’une des espérances de vie les plus élevées au monde, découvrons comment explorer Okinawa avec une approche axée sur le bien-être. Nous apprendrons aussi certains des secrets de la région qui ont conduit à sa classification comme zone bleue.
La nature généreuse d’Okinawa
Okinawa se définit par une nature subtropicale abondante, des eaux claires et des plages de sable blanc, sur des îles telles que Tokashiki et Zamami, jusqu’aux vastes forêts de mangroves qui longent ses côtes. Au nord, le Parc national de Yanbaru préserve des forêts denses et une faune rare, révélant un visage plus sauvage d’Okinawa, au-delà de ses plages réputées.
Dans les zones bleues comme Okinawa, l’importance du lien avec la nature ne peut être sous-estimée en tant que facteur contribuant à la longévité. La nature qui nous entoure a un impact essentiel sur notre bien-être, la qualité nutritionnelle des aliments que nous produisons et l’environnement qui façonne notre capacité à rester actifs.
Pour débuter notre exploration d’Okinawa, dirigeons-nous vers le nord, dans la région de Yanbaru, sur l’île principale, où se situe le parc national homonyme. C’est à Higashi (village de Higashi) que l’on trouve le Yanbaru Adventure Field ainsi que la Matayoshi Coffee Farm.
La tyrolienne de Yanbaru permet de découvrir la région de manière ludique, avec cinq parcours différents offrant des vues exaltantes sur la canopée de la forêt et l’océan à l’horizon. C’est une activité idéale à partager en groupe, pour celles et ceux qui souhaitent se dépenser physiquement, notamment grâce à l’un des parcours proposant deux lignes parallèles pour glisser côte à côte.
Entre chaque descente, quelques minutes de marche vous invitent à vous imprégner pleinement de la végétation subtropicale, des plantations de café ainsi que du savoir-faire local qui se cache derrière chaque tasse. Okinawa étant l’une des rares régions du Japon où la culture du café est possible, cette immersion dans l’agriculture locale rend l’expérience d’autant plus unique. Avant de partir, ne manquez pas de faire une pause café près du parking à l’entrée du site !
Si vous séjournez à Higashi, le Yanbaru Experience Hotel Nunganiku, niché aux portes du parc national, est un lieu de séjour idéal. L’établissement vous plonge au cœur de la nature sauvage avec l’impression de camper en pleine forêt tout en profitant du confort et des commodités d’une chambre d’hôtel à la fin d’une longue journée. C’est aussi l’occasion d’approfondir votre connexion avec cet environnement exceptionnel grâce à des expériences nocturnes uniques. Parmi elles, l’Akisamiyo Night Tour vous invite à explorer une partie du parc national à la tombée de la nuit, accompagné d’un guide passionné, pour en apprendre davantage sur les initiatives locales de conservation et de protection de l’écosystème. Chaque expédition propose un itinéraire différent afin de limiter l’impact environnemental et de préserver la richesse naturelle du site. Toutes offrent cependant une immersion nocturne sous les étoiles, au cœur d’une forêt subtropicale, où l’on comprend mieux comment les efforts de conservation et de suivi contribuent à protéger la région.
Trouvez votre communauté à Okinawa
Un autre pilier des zones bleues réside dans la force des liens communautaires et systèmes d’entraide, un aspect largement documenté par Dan Buettner. Le Japon est déjà réputé pour la cohabitation intergénérationnelle, mais à Okinawa, on découvre aussi un véritable modèle d’entraide social appelé “Moai”. Ces groupes formés pour des raisons diverses et variées - financières, sanitaires ou sociales - s’inscrivent pleinement dans un autre principe des zones bleues: avoir un but dans la vie, connu sous le terme philosophique de ”ikigai”.
Notre prochaine étape nous mène au village de Yomitan, à environ 1h au nord de Naha. Grâce au soutien de l’organisation à but non lucratif Yomitan Blue Zone Research Council, nous avons pu rencontrer des aînés locaux et découvrir leur mode de vie, ainsi que le rôle du sanshin (instrument traditionnel d’Okinawa) et de la danse folklorique kachāshī, emblématique des célébrations locales.
Ils nous ont expliqué comment la culture traditionnellement ouverte et accueillante des Ryukyu a façonné son évolution au fil des siècles. Les échanges commerciaux avec la Chine ont profondément influencé la cuisine et l'architecture locale. Le karaté en est un parfait exemple: né à Okinawa, il puise ses racines dans les arts martiaux chinois. Considéré comme un art essentiellement défensif et non violent, il illustre l’ouverture historique d’Okinawa aux cultures extérieures et la volonté d’harmonie entre les communautés.
Tout en partageant de délicieux Sātā andagī (beignets d’Okinawa), j’ai découvert les aliments qui composent leur quotidien, de l’aburamiso aux patates douces, notamment les fameuse beni-imo de couleur violette. Nous avons également parlé de la culture maraîchère, et j’ai appris que l’un des membres du groupe était un véritable spécialiste de la culture de yamaimo, l’igname des montagnes japonaises.
Ils m’ont ensuite invité à essayer la danse traditionnelle kachāshī, souvent pratiquée lors des célébrations, ainsi qu’à m’initier au sanshin, l’ancêtre plus petit du shamisen. Le sanshin produit un son chaud et caractéristique qui évoque immédiatement la vie insulaire. Au fil de mes pas de danse un peu maladroits, j’ai eu l’impression d’arriver véritablement à Okinawa.
Au-delà des notes du sanshin, ce moment unique m’a fait réaliser que ce type d’activité sociale n’est pas seulement un excellent exercice pour le corps, l’esprit et l’âme, mais aussi un rendez-vous collectif qui vous donne une véritable raison de vous lever le matin.
Pour les amateurs de voyages en douceur et de bien-être, cette expérience semble être l’équilibre parfait.