Yakushima: Shiratani Unsuikyo

Une forêt primitive couverte de mousse à explorer

Par Chris Cooper   

Si Yakushima attire les foules, c’est en grande partie parce qu’elle abrite le plus vieil arbre du Japon, le Jōmon Sugi (littéralement le « cryptomère (de l’ère) Jōmon »). Personnellement, je préfère la forêt de Shiratani Unsuikyō. Apparemment, c’est d'elle dont Hayao Miyazaki s’est inspiré pour dessiner les forêts du célèbre film d’animation Princesse Mononoke. Les rochers, recouverts d'une mousse d’un vert profond, et les daims y gambadant librement stimuleront à coup sûr votre imagination.

Les randonnées sont ici moins exigeantes que celles permettant d’accéder au Jōmon Sugi. Pour vous donner une idée, j’ai dû marcher pendant environ quatre heures, au lieu de huit pour le Jōmon Sugi. Plutôt que de se presser pour voir un arbre en particulier, cela laisse bien plus de temps pour se balader tranquillement, apprécier les paysages et « écouter » la forêt. Les chemins sont d’abord composés de pierres artificielles, mais, au fur et à mesure que l'on s'enfonce dans la forêt, ils se transforment peu à peu en de vrais sentiers de randonnée, recouverts d’énormes rochers. Rassurez-vous, ce n’est ni de l’escalade en haute montagne ni un trek en jungle amazonienne, mais vous n’aurez pas besoin d’aller bien loin avant d’avoir l’impression d’être entré dans une forêt enchantée.

Cela dit, après avoir marché pendant près de 8 heures en forêt la veille, au bout d’une heure ou deux seulement j’avais déjà cette sensation désagréable d’être devenu insensible à la beauté des lieux. A ce moment-là, je ne le savais pas encore, mais le meilleur restait à venir. Si vous choisissez de suivre ce sentier, vous vous devez d'aller jusqu’à Taiko Iwa, nom que l’on pourrait traduire par quelque chose comme le « rocher tambour ».

En s’approchant du rocher, les pentes deviennent de plus en plus raides et je dois admettre qu’à un certain moment, je me suis dit: « est-ce que ça en vaut vraiment la peine ? ». Puis, je suis arrivé au sommet. Subitement, et de façon totalement inattendue, le chemin débouche sur le rocher. Avant même de réaliser qu’il se trouve sous vos pieds, vous aurez le souffle coupé par le magnifique panorama qui s’offre à vous.

C’est un de ces endroits dont j’aimerais être le seul à connaître l'emplacement. Quelque part où je pourrais me réfugier, m’échapper pour réfléchir au sens de la vie, oublier mes soucis ou simplement m’asseoir pour me détendre. Bien évidemment c’est tout à fait possible ici, mais ce n’est malheureusement pas un secret. Même s’il n’y a pas autant de monde qu’au Jōmon Sugi, pas mal de gens viennent tout de même admirer la vue. J’étais déjà en route à 6h du matin et je pense que cela valait vraiment le coup de partir aussi tôt.

Sur le chemin du retour, je suis tombé sur une scène qui semblait tout droit sortie de Bambi. Un daim, venu de notre gauche et qui mâchait quelque chose, est passé tout doucement entre mon ami et moi, puis s’en est allé de l’autre côté du chemin pour enfin disparaître dans la forêt, comme si de rien n’était.

On peut apercevoir des daims, qui plus est en grand nombre, dans d’autres régions du Japon, comme à Miyajima par exemple, mais il y a ailleurs quelque chose de moins naturel. Les daims viennent constamment réclamer à manger ou chercher l’attention des passants. Ici, à Yakushima, il est possible de les voir évoluer dans leur habitat naturel. Ils ne sont absolument pas effrayés et vaquent à leurs occupations tranquillement. Et en réalité, ce comportement est plus du à l’absence de prédateurs naturels sur l’île qu’à l'éventualité d’être nourris par les touristes.

A ce propos, veuillez s'il-vous plaît ne pas nourrir les animaux sur l’île (non pas parce qu’ils risqueraient de se transformer en monstres façon Gremlins, mais parce qu’il est tout simplement important de préserver l’écosystème, si fragile, de Yakushima).

Tout au long de votre parcours à travers la forêt, vous trouverez de nombreux rochers pour vous asseoir ou même vous allonger et vous reposer. Si vous le souhaitez, le calme des lieux devrait même vous permettre de vous offrir un petit moment d’introspection.

Enfin, si vous cherchez un endroit où dormir, l’auberge Garappa to Kenkichi Minshuku (minshuku signifie « auberge » en japonais) est vraiment sympathique. Certes, les chambres sont tout ce qu’il y a de plus simple, mais le personnel, en plus de s’y connaître et d’être de bon conseil, est adorable. Ils ont également une centaine de shōchū à la carte (un alcool japonais).

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Julian Bohler

Julian Bohler @julian.bohler

Born in France, I was twenty years old when, passing by a local bookstore, a book about Japanese characters caught my attention. This was my first encounter with Japan, and one that would change my life in many ways. Earning a degree in Japanese Studies with a major in Japanese religions and folklore, I have studied for two years in Kyoto but it only took me a couple of weeks to fall in love with the city. I really feel privileged to have been able to meet so many wonderful people out there, that taught me a lot about Japanese culture and about myself. I love nature, visiting temples and shrines, reading and researching about their history, joining traditional festivals or riding my bike to discover hidden places throughout the city. I also enjoy taking pictures wherever I go and Japan is a never-ending source of inspiration for an amateur like me. With Osaka, Kobe, Nara and many other beautiful rural areas at a short train ride distance from Kyoto, Kansai is also a wonderful area for enjoying the richness of Japanese cuisine. Japan has many secrets for everyone to discover, and countless elusive moments of poetry that no guidebook can tell you about. I am delighted to be able to share the ones I had the chance to witness with you and everyone at Japantourist. I sincerely hope it will make you want to visit and discover this magnificent country.

Article original par Chris Cooper

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