Kasuga-taisha, Nara

Visite matinale du sanctuaire aux milliers de lanternes

 Par Celine Villeneuve   24 avr. 2015

Il existe au Japon des siriches en légendes qui semblent figés dans une autre époque. Le sanctuaire Kasuga-taisha de Nara compte parmi ces lieux. Il nous entraine en effet dans le temps, vers un Japon aujourd’hui révolu.

Situé au cœur du parc de Nara, le sanctuaire Kasuga-taisha veille sur la ville depuis sa fondation en 768. C’est après la visite de la divinité Takemikazuchi-no-mikoto qu’un membre du puissant clan Fujiwara ordonna la construction du lieu. Apparue à dos de cerf sur le sommet du Mont Mikasa, cette divinité avait pour dessein de protéger l’ancienne capitale et ses habitants.

Alors déjà haut lieu de spiritualité, Kasuga-taisha fut désigné entre 1871 et 1946 kanpei-taisha, soit l’un des lieux saints les plus importants du Japon possédant le soutien du gouvernement. Depuis 1998, il figure parmi la liste du patrimoine mondial de l’Unesco des monuments historiques de l’ancienne Nara, au même titre que le Tôdai-ji.

Après avoir remonté l’allée bordée de lanternes de pierre, encore déserte à cette heure matinale, vous atteindrez la porte Nanmon. Une fois franchi, vous pénétrez au cœur d’un complexe de sanctuaires où règne une incroyable quiétude. Bercé par le chant de prières récitées au petit matin dans le Naoraiden Hall, vous évoluerez dans un dédale de bâtiments vermillons et de lanternes de bronze. Ces 3000 lanternes de bronze et de pierre dispersées à travers le Kasuga-taisha sont pour la plupart, le fruit de dons datant de l’époque Heian et caractérisent aujourd’hui le sanctuaire.

Plus haut, derrière l’imposante porte Chumon, les divinités Takemikazuchi-no-mikoto, Futsunushi-no-mikoto, Amenokoyane-no-mikoto et Himegami sont consacrées dans le sanctuaire principal de Kasuga-taisha.

En évoluant à travers le sanctuaire, on devine l’importante place accordée ici à la nature. Chérir les plantes constitue en effet un décret divin du Kasuga-taisha. En témoigne notamment, le toit découpé du Naoraiden Hall pour laisser pousser librement un arbre centenaire, puis ce pommier offert par l’empereur Takakura il y a plus de 800 ans fièrement exposé dans le "jardin du pommier" ou encore la forêt primaire de Kasuga-yama, elle aussi inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.

Tout au long de l’année, le sanctuaire accueille de nombreux superbes festivals. Le 3 février et les 14 et 15 août, les 3000 lanternes du sanctuaire s’embrasent à l’occasion des festivals Setsubun Mantoro et Obon Mantoro, révélant ainsi leur éclatante beauté. Dissimulées à l’intérieur du bâtiment Fujinami-no-ya, des rangées de lanternes allumées attendent les visiteurs pour un aperçu de l’ambiance solennelle de ces festivals. On peut également assister à de nombreuses danses rituelles, à l’occasion de la cérémonie de la plantation du riz le 15 mars par exemple. Tous les 20 ans, la rénovation complète du sanctuaire donne également lieu à de spectaculaires cérémonies.

Quand vient la saison des glycines, la beauté du sanctuaire est à son paroxysme. On assiste là à une véritable profusion de couleur avec l’arrivée du printemps. Emblème des lieux, ces fleurs sont largement représentées dans le sanctuaire. Sans compter les multiples tonnelles recouvertes de grappes violettes, la glycine figure parmi les tampons du sanctuaire (que l’on peut admirer sur les cartes postales traditionnelles du Kasuga-taisha), ou encore sur la coiffe des miko, les employées du sanctuaire.

En effectuant votre visite du sanctuaire dans la matinée, vous croiserez peut être le chemin de daims pressés, attirés par un étrange son lointain... Deux fois par jour le son du cor résonne en effet dans la ville de Nara. Il indique aux daims qu’il est l’heure de se réunir dans le parc pour la collation quotidienne. Il s’agit-là d’un spectacle unique et amusant à ne pas manquer !

A ne pas manquer également, depuis peu, une application pour Smartphones est disponible pour vous accompagner et vous guider lors de votre visite de ce sanctuaire emblématique.

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